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Depuis plusieurs années, particuliers comme entreprises constatent une augmentation régulière des cotisations de mutuelle santé et de prévoyance. Cette évolution suscite légitimement des interrogations. Est-elle liée à une surconsommation de soins ? À une mauvaise gestion des contrats ?
En réalité, le phénomène est plus structurel. Il s’explique principalement par une transformation progressive du financement de notre système de protection sociale.
Plusieurs évolutions de fond pèsent durablement sur l’équilibre des contrats santé et prévoyance :
Ce dernier point est central : lorsqu’un remboursement diminue côté Sécurité sociale, la dépense ne disparaît pas. Elle est reportée sur les organismes complémentaires — mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance — ou, à défaut, sur les assurés eux-mêmes.
C’est ce mécanisme que l’on appelle le transfert de charges.
Le remboursement des soins en France repose sur un équilibre entre trois acteurs :
À cela s’ajoute la contribution indirecte des entreprises, tenues depuis 2016 de financer au moins 50 % de la mutuelle collective de leurs salariés.
Les données publiées par la DREES confirment cette évolution :
Autrement dit, la solidarité nationale se redessine… au profit des complémentaires.
En matière de prévoyance (arrêts de travail, invalidité, décès), la logique est identique :
Les assureurs complémentaires, soumis à des règles de solvabilité strictes, ne peuvent absorber durablement ces charges supplémentaires sans ajuster leurs cotisations.
Depuis l’automne 2023, la prise en charge de nombreux soins dentaires courants par l’Assurance Maladie a été revue à la baisse.
Résultat : le ticket modérateur augmente, et ce sont les complémentaires santé qui comblent l’écart lorsque le contrat le prévoit.
Pour l’assuré, le reste à charge peut rester stable — notamment grâce au dispositif 100 % Santé — mais le coût supporté par l’assureur, lui, progresse fortement, ce qui pèse à terme sur l’équilibre des contrats.
Certaines mesures récentes, comme l’évolution du programme « générations sans carie », renforcent encore cette tendance en transférant une partie du financement vers les complémentaires.
Autre illustration : les transports sanitaires programmés.
Là où l’Assurance Maladie couvrait auparavant une large part du coût, son taux de remboursement a été abaissé, laissant une part plus importante à la charge des complémentaires ou des patients.
Ces mesures, justifiées par la maîtrise des dépenses publiques et le coût croissant des transports médicaux, ont un effet immédiat sur les contrats santé.
À noter : la gratuité des transports sanitaires urgents, instaurée par la loi, est partiellement compensée par cette baisse de remboursement sur les transports non urgents, comme l’a souligné l’Unocam.
Depuis avril 2025, le plafond de salaire pris en compte pour le calcul des indemnités journalières de la Sécurité sociale a été abaissé.
Conséquence :
Cette réforme, destinée à générer des économies pour la Sécurité sociale, se traduit donc par un coût reporté sur les entreprises, les salariés et les assureurs.
Plusieurs éléments viennent accentuer la pression financière sur les complémentaires :
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 s’inscrit dans la continuité des années précédentes.
Elle a instauré de nouveaux mécanismes de contribution des organismes complémentaires, dont une taxation exceptionnelle évaluée à 1 milliard d’euros et plusieurs transferts de financement.
Sans surprise, ces mesures pourraient, à terme, se répercuter sur les cotisations des contrats individuels et collectifs.
Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas seulement de constater la hausse des cotisations, mais de piloter intelligemment les garanties :
Chez Thalia, nous accompagnons dirigeants et particuliers dans la compréhension de ces évolutions et dans la construction de solutions de mutuelle et de prévoyance durables, lisibles et adaptées, en tenant compte à la fois des contraintes réglementaires et des réalités humaines
Zoom : Exemple de remboursement : couronne céramo-métallique
Avant octobre 2023
Depuis octobre 2023
À noter :
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